SOURCE DE POESIE
Pour tous les amoureux de la poésie et des mots, ce forum héberge de très belles plumes du net. Joignez-vous à nous pour que vivent les mots.
Artistes dans l'âme, venez partager vos textes et faire de jolies découvertes, dans le respect des autres et de notre charte...

Toute l'équipe de Source de Poésie vous souhaite une belle visite.


Source de Poésie, partager les mots, les maux, les émotions...
 
AccueilFAQS'enregistrerConnexion

Bienvenue à vous à notre Source Poétique... Toute l'équipe vous souhaite la bienvenue chez vous.


Partagez | 
 

 Compte à rebours avant la fin du monde : - 14. (A suivre)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
pierre wattebled
Capitaine
Capitaine


Masculin
Nombre de messages : 909
Age : 73
Localisation : 73410 La Biolle
Loisirs : Ecriture, lecture, musique, randonnées cyclistes et pédestres, pétanque
Date d'inscription : 30/10/2008

MessageSujet: Compte à rebours avant la fin du monde : - 14. (A suivre)   Ven 7 Déc - 21:58

Compte à rebours avant la fin du monde : - 14. (A suivre)



Ce vendredi sept décembre deux mille douze, oui déjà, il a beaucoup neigé : au moins vingt centimètres d’épaisseur. Prévoyants et prévenus, nous avons fait nos courses pour la semaine de bonheur ce matin et nous sommes rentrés sur un majestueux tapis blanc. Juste après ce fut la grande pagaille, les camions sont rentrés sur nos autoroutes alors que Paris leur interdisait de rouler. Nos enfants ont été piégés comme beaucoup d’autres à l’heure du déjeuner.

Alors, imaginez le réseau secondaire : nationales et autres départementales. Dans les villages, il y a toujours un ou deux tracteurs sur lesquels on adapte « des racleuses », et tant bien que mal l’affaire se règle au mieux quasiment en famille. Voilà que ça ressemble à un hiver véritable, que ça va fondre comme neige au soleil avec un peu de pluie qui devrait faire des glaçons, vu qu’un froid sibérien est annoncé pour la semaine prochaine. J’ai ressorti mes chaussures de randonnée et acheté des chaussettes bien chaudes qui montent jusqu’aux genoux.

Bon, vous devez sentir que je ne suis pas un fan de la neige sauf sur les cartes postales. Ou alors, je la trouve agréable en mars quand les routes dégagées permettent de rejoindre les domaines skiables pour des ballades en raquettes sous un soleil radieux.

Pourtant la neige me remémore quelques souvenirs agréables, très agréables, et moins, beaucoup moins parfois. En tout, ne faut-il pas garder que le meilleur.

Le jour de notre mariage, un quatorze décembre de l’année mille neuf cent soixante trois-(attention, Pierre, n’oublie pas cette date, c’est bientôt.)- à la sortie de l’église, les cloches carillonnant à toute volée, quelle ne fut pas notre surprise en découvrant ce tapis blanc déroulé en notre honneur par le ciel. Nous l’avons eu notre mariage en blanc ! Ses yeux étaient plus bleus encore dans le tourbillon endiablé des lourds flocons. Heureux présage, certes! Le reste, vous l’aurez deviné, l’état de grâce s’arrêta là : en tenue de cérémonie et en escarpins le froid nous faisait grelotter. Petit lunch et apéro, surent nous remettre en jambes.

De la neige encore pour la naissance de notre fille ; en ce temps il en tombait des seaux et le gel la maintenait sur les routes et les champs alentours.

Lors d’un enterrement, alors que le cortège se rendait au cimetière du village, le curé et les enfants de cœur précédant le corbillard d’une bonne vingtaine de mètres furent heurté aux mollets : le véhicule n’avait plus de freins. Fort heureusement, il restait le frein à main actionné par le chauffeur qui, après coup estima qu’on avait eu chaud. La secousse violente ne réveilla pas le défunt. Le curé après quelques protestations se positionna derrière l’équipage en continuant ses oraisons exaltées en latin. Les commentaires et les ricanements ponctuèrent l’épisode qui eût pu être bien plus dramatique. Chaud devant !

Et la fin du monde dans tout ça ? La mort en elle-même serait la fin du monde... Et jusqu’au tombeau l’histoire des hommes s’étoffe d’aléas en tous genres qui mélangent parfois les larmes et les fous rires nerveux; la mort partageant une dernière espièglerie. Leur fin, devient la nôtre dans un bref instant d’anticipation où le transfert agit. Heureusement, le traditionnel passage au bistrot après l’adieu donne la priorité au retour à la vie normale, ordinaire : le fait de trinquer à la santé du défunt tourne naturellement la page, et nous délivre de la morbidité ambiante.

La roue qui nous conduirait vers notre fin imminente tourne irrémédiablement, disent les pessimistes et je me dis qu’il serait bon de faire bombance, de faire rapidement ce que nous n’avons jamais osé faire, et pourquoi pas consacrer un jour (un jour férié de plus mais qui ne sera jamais perçu) pour une grande fête collective. Noël et Nouvel an en un, par exemple…

Tout cela tient du délire, j’en conviens. Tout est écrit, mais les Mayas se sont sûrement plantés. Etaient-ils aussi rigoureux qu’on l’affirme en certains lieux ? Nos scientifiques font quelques fois des erreurs malgré l’usage pointu de l’informatique.

A mon sens, la fin du monde serait davantage la fin d’un monde et le début d’un autre incomparable, dans lequel la vie reprendrait son cours suivant de nouvelles bases qui mettraient en perspectives une autre civilisation, à l’échelle plus modeste, accessible à plus d’humains, sans pour autant être démunie : une autre façon de vivre et de penser ensemble . Des relevés archéologiques tendent à démontrer l’existence d’une civilisation enfouie qui aurait été aussi avancée que la nôtre dans des axes totalement différents, mais révélateurs d’un niveau d’intelligence équivalent. L’ampleur des cataclysmes- style fin du monde) a tout anéanti ne nous laissant que peu de témoignages rencontrés par hasard.

Ce n’est pas exactement ce que nous annoncent ces braves Mayas ; nos mots ne sont pas les leurs et nous ne pouvons pas prendre tout ce qu’ils prévoient pour argent comptant. A décrypter Nostradamus nous nous sommes déjà fourvoyés voilà quelques années, alors n’en perdons pas le sommeil. Carpe diem. Aujourd’hui moissonneur, demain paille du blé : le temps lève sa faux, quand est venu celui de la moisson, et son fléau pour gâter la récolte.

Non, ce n’est pas fini : je reviendrai demain. Puis-je dire « si Dieu le veut » ? Un jour à la fois. Du bonheur ou du malheur, comment savoir, et puis on ne tient pas vraiment à le savoir : ce matin encore un tremblement de terre dont l’épicentre se situait à une dizaine de kilomètre du rivage nippon a laissé croire un temps à un nouveau tsunami. Heureusement, il n’en fut rien. Rappelle-toi ces images cauchemardesques de fin du monde.

A demain. Un jour peut-être des êtres vivants découvriront fortuitement les élucubrations d’un écrivaillon s’exprimant à propos de la fin des temps. Mais que sauront-ils des clouds et autres stockages numériques. Rien à voir avec ces amphores retrouvées et leurs messages énigmatiques. Au fond, c’est ce que l’homme apprécie dans sa quête métaphysique : quand son esprit jongle avec l’empirisme et l’incertitude. Le doute le harcèle et le comble. Etrange moteur.

Pierre WATTEBLED- le 7 décembre 2012.
Revenir en haut Aller en bas
 
Compte à rebours avant la fin du monde : - 14. (A suivre)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Compte à rebours des dodos avant d'aller chez Mickey
» Problème bannière compte à rebours
» compte a rebours la calendrier de l'avent
» ELECTION DU GOUVERNEUR DE L' EQUATEUR: LE COMPTE A REBOURS
» [SOFT] ULTRACHRON v1.7.1 : Compte à rebours et chronomètre [Gratuit/Payant]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
SOURCE DE POESIE :: Les eaux folles :: Nouvelles averses et Histoires d'eau-
Sauter vers: