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 Le secret de Suzanne (9)

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Dyane
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MessageSujet: Le secret de Suzanne (9)   Dim 11 Mar - 11:30







Le voile peu à peu se lève sur ces vacances, ces dimanches. Et si j’ai bien conscience désormais que je ne percerai sans doute pas tous les mystères de Suzanne, je peux poser des « pourquoi » sur certains regards.

Je ne cherche pas, ce que j’aurais fait à la place de tel ou telle. Je prends, je prends cette histoire, un peu comme mienne et qui sans doute influa sur mon éducation, sur le rapport que j’eus avec mes grands-parents.

Et surtout, je ne juge pas, ni les uns ni les autres qui pensèrent sans doute détenir la vérité et ce qu’il y avait de bon de faire, de dire, de taire..



Je repense à ce séjour chez Suzanne et Jo. J’avais pris la chambre de Michel qui était parti apprenti cuisinier sur le France. Partout dans sa chambre des photos de bateaux mais aussi de grands chefs et puis celle de mon père en marin !



Sachant que j’allais occuper sa chambre pendant les vacances, il m’avait laissé un petit mot dont l’essentiel me revenait maintenant

« C’est une chambre de garçon, ne la range pas trop, n’y laisse pas ton parfum, ni de trucs de filles. Si mes livres t’intéressent je te les prête. En fait, je crois que je suis un peu jaloux de Dany qui va passer quelques jours avec toi chez nous. Mets-y de la vie, tes sourires, ton espièglerie, tes trucs de filles quoi ! Je t’embrasse ma petite cousine dont j’aime tant les petits mots déposés ici et là. Alors n’hésite pas, caches-en plein que je découvrirai à ma prochaine permission. J’allais oublier, si tu voyais comme je suis beau avec ma tenue blanche tu tomberais raide amoureuse de moi ! »



Cet été- là, j’ai beaucoup marché avec mon oncle et ma tante. Ma tante toujours devant parcourait la campagne sans donner l’impression d’y attacher vraiment d’importance. Mon oncle lui s’arrêtait à tout observer. Regardait dans un petit livre le nom des oiseaux, des arbres, des plantes. Parfois il prélevait une fleur, une herbe qu’il déposait délicatement entre deux feuilles de papier de soie. Et il parlait, racontait. Il était comme « ailleurs » et interrompait ses récits par « tu comprends ? – Je ne marche pas trop vite ? » Et je répondais « Suis pas un bébé ! « Alors il caressait le dessus de ma tête en répondant « non graine de femme ! »



J’ai ainsi découvert la Grande Chartreuse, le secret de son élixir. La vallée du Rhône, les berges du fleuve. Les vieux toits dauphinois, les fours, les lavoirs, les bois, les étangs, leur faune et leur flore et le château de Paul Claudel. Je me souviens de la magie de ces instants- là, de l’atmosphère reposante, des sentiers, des barrières à ouvrir et refermer de prairies en prairies. Puis de l’étang de Beauve avec ses nénuphars. Sans doute ce qui me fit tant aimer Ophélie de Rimbaud. Puis il y avait la montagne, les barrages, les cascades, les hameaux…Il me semblait que tout ce qu’il y avait de beau avait été déposé là. Sans doute aussi Jo y était-il pour beaucoup tant il aimait cette région.

J’écrivais déjà cette époque et l’entendre dire « Ici, c’est le pays des poètes, tu es chez toi, me faisait me redresser, et me rendait si fière ». De temps à autre Suzanne criait « Si les poètes pouvaient suivre et être moins contemplatifs, nous serions assurés d’être rentrés avant la nuit !!! ». Alors Jo me faisait un clin d’œil et nous hâtions le pas.

En rentrant, nous trouvions Dany allongé dans le salon. Il n’aimait pas marcher !

En fait, je ne sais pas trop ce que Dany aimait. Il me fascinait tant il était secret et imprévisible. Il me claquait une grosse bise sur la joue et l’instant d’après ne voulait même pas que je lui adresse la parole.

Il n’acceptait rien, ou pas grand-chose, trouvait ses parents nuls sans en expliquer le pourquoi. Je lui racontais la mer qu’il n’avait jamais vue et il répondait « Tu es comme mon père, un rien t’émerveille. La mer ce n’est qu’une mare dont on ne peut dessiner le contour ailleurs que sur un globe. Votre mer elle m’emmerde ! ». Il savait que cela me peinait mais il avait ce besoin de n’être jamais du même avis que son interlocuteur, peu importait le sujet. Il attendait un moment puis m’embrassait en me disant « la mer elle m’emmerde mais la tienne je crois que je pourrais l’aimer »

Je suis rentrée riche de ces vacances. Riche d’apprentissage sur les choses et sur l’humain et je n’en avais pas la mesure à ce moment-là.

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